Archives mensuelles : août 2015

Les cycles économiques d’il y a 4000 ans

Il semble qu’à Assur, il y a 4000 ans, ils avaient les mêmes traders, capitalistes, régulateurs et politiciens désemparés que nous!

Over the 30 years covered by the archive, we see an economy built on trade in actual goods — silver, tin, textiles — transform into an economy built on financial speculation, fueling a bubble that then pops. After the financial collapse, there is a period of incessant lawsuits, as a central government in Assur desperately tries to come up with new regulations and ways of holding wrongdoers accountable (though there never seems to be agreement on who the wrongdoers are, exactly). The entire trading system enters a deep recession lasting more than a decade. The traders eventually adopt simpler, more stringent rules, and trade grows again.

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Le miracle grec

Ou comment réunir une démocratie réelle, une prospérité économique partagée et une position de force reconnue par le monde entier

Le savoir-faire militaire et technique développé pendant la période des cités-États grecque a permi les conquêtes d’Alexandre et le succès de ses continuateurs

Un peu d’Histoire pour nous faire oublier un instant les malheurs de la Grèce actuelle. Voici une excellente entrevue du professeur Josiah Ober, auteur de The Rise and Fall of Classical Greece. Quelle a été la source de la grandeur de la civilisation grecque classique? En gros, cela tient à des inégalités économiques faibles entre chaque citoyens, en temps de forte croissance économique.

Comment est-ce possible?

  • Des lois justes, équitables, égalitaires.
  • Une démocratie réelle, directe, très poussée.
  • Puisque tous participent aux décisions politiques, tous ont dû devenir informés et compétents. Chaque citoyen devait être très adaptatif. Il y a donc eu un immense investissement dans le capital humain (les métiers, les savoir-faire, l’éducation).
  • Des cités bien défendues (par des forteresses et des murailles bien conçues) obligeant tout envahisseur ou hégémon du moment à négocier les taxes ou tributs demandés aux cités grecques, plutôt qu’à les imposer (façon Troïka).
  • Des cités qui n’excèdent pas une taille raisonnable.
  • Une culture commune entre ces cités, facilitant le commerce

Et un tel système, un tel miracle, a vécu plus longtemps que bien des empires. On ferait bien de s’en inspirer, d’autant plus qu’il y a des rapprochements évidents à faire avec d’autres périodes historiques heureuses au niveau des lettres, des arts et des technologies. Spontanément, je pense à l’époque des cités-États en Inde et à celle où la Chine était morcellée en royaumes. Des époques violentes et tumultueuses, mais où les petites nations pouvaient s’illustrer, et où les individus méritants pouvaient s’élever hors de la misère pour accéder aux responsabilités où ils se montreraient utiles.

Étonnant

kermit frog

Quand la famille de Winston Churchill le suppliait de ne pas se convertir à l’Islam.

Des « bouteilles » d’eau comestibles.

La consitution canadienne est nulle, au point de vue légal.

La mode des sushis aux États-Unis aurait commencé en… 1905

Slavoj Žižek publie un texte intitulé « L’apocalypse grecque : Versailles ou Brest-Litovsk? »… quelques mois après qu’un de ses textes ait été publié sous le titre «Comment Alexis Tsipras et Syriza se sont montrés meilleurs tacticiens que Angela Merkel et les eurocrates»!

L’inutilité de la torture

Ou comment les États-Unis on réussi à se faire encore plus d’ennemis sans obtenir un seul résultat

On pourrait espérer que les gens s’opposeraient immédiatement à la torture, qu’elle susciterait chez eux un dégoût, une révulsion causée par un sens moral, Ce n’est malheureusement pas le cas. Puisqu’il le faut, voici une liste des seules techniques d’interrogation dont l’efficacité ait été démontrée, au contraire de la torture qui n’arrive qu’à extraire de fausses confessions:

  • Répéter que l’interrogé a droit au silence, ce qui l’amène souvent, paradoxalement, à parler davantage.
  • Ne jamais se comporter comme leur adversaire, ne pas les juger, être empathique comme le serait un thérapeute.
  • Plutôt que les diriger avec une longue liste de questions précises, les laisser conter leur histoire par eux-même, ou dresser (voire dessiner) un portrait de chaque situation. Ils ne seront donc pas influencés par les questions de l’interrogateur, et ne répéteront pas des faussetés.
  • Pour départager les menteurs de ceux qui disent vrai, demander à l’interroger de conter les faits dans l’ordre inverse, chronologiquement , ce qu’un menteur aura du mal à faire.
  • User de la méthode de Scharff (interrogateur allemand), qui posait rarement des questions et demandait simplement aux prisonniers de guerre de confirmer si les quelques faits qu’il leur présentait étaient exacts.

5000 ans de dettes (David Graeber)

Si vous deviez lire un seul livre d’Histoire, que ce soit celui là

Graeber cherche à comprendre pourquoi nos règles morales sont si souvent exprimées en termes de dette. Reckoning, redemption, guilt, freedom, forgiveness et sin sont autant de mots liés étymologiquement à une même origine : l’acte de repayer une dette monétaire due à autrui.

Graeber distingue d’abord l’argent commercial fongible et interchangeable de l’argent social des tribus traditionnelles. Ces tribus se sont toujours opposées presque explicitement à ce qu’un humain puisse devenir fongible, égal à un autre, remplaçable… L’idée que l’argent soit comparable à une vie humaine leur paraissait dégoûtante. Même en cas de dette de sang, ce paiement imposé par la coutume où le responsable d’une mort compense matériellement la famille endeuillée, jamais la famille qui collecte cette dette n’admettra qu’un paiement puisse remplacer un fils ou une fille disparu.

La découverte majeure de Graeber est que la plupart des dettes ne sont jamais censées être repayées. Elle sont presque toujours effacées, de manière régulière et routinière. L’Histoire ne serait en fait qu’une suite de soulèvements de pauvres endettés réclamant l’annulation de leurs dettes et et une redistribution des terres. Souvent leur seule solution a été de s’attaquer à leurs créanciers (ou plutôt de détruire ou brûler les livres de comptes cachés dans les domaines ou les châteaux des puissants),

Sommes-nous mûrs pour d’autres révoltes?

Recherche élites désespérément

Une réplique de la Bastille sculptée dans une brique de la forteresse.

Selon Hannah Arendt dans les Origines du Totalitarisme, la Révolution française ne s’est pas faite à cause des privilèges de l’aristocratie. Elle n’est pas non plus due au flagrant contraste entre leurs privilèges et ceux du peuple, Non, la vrai haine aurait commencé au moment où le pouvoir législatif, politique et réel des aristocrates était en baisse. Dès lors, le faste de leur train de vie était injustifiable, ne suscitant plus aucun respect, mais seulement la détestation et la violence.

Machiavel conseillait justement aux princes d’être craints, mais pas haïs.

Je me demande bien comment nos politiciens actuels se comparent aux aristocrates de la vieille France. Nos élites ne semblent même pas souhaiter être des élites. Dans notre ère post-nations, elles votent eux-mêmes l’expropriation de leurs propres pouvoirs, Quel genre de trouble sont-ils en train de se préparer?

« Pourquoi les milieux d’affaires s’opposent-ils par principe au plein emploi ? »

Encore un excellent billet du côté du blogue Écodémystificateur.

La remarque de Kalecki sur le fait que seuls les régimes fascistes ont adopté le plein emploi reste très actuelle. Par exemple en Europe, en ce moment même, les solutions les plus évidentes sont devenues taboues. C’est un cadeau du ciel pour les partis dits d’extrême-droite. Aucun effort n’est requis, ils n’ont qu’à occuper un terrain désert : l’interventionnisme.

L’Union Européenne vue par elle-même

L’Union Européenne est-elle une grande puissance?

progrès

L’est-elle? Regardons simplement l’image qu’elle projette elle-même. Avez-vous remarqué la façon que les promoteurs de l’UE ont de vanter leur création? « L’Europe c’est 500 millions de consommateurs! » « L’Europe, c’est un marché immense! » La force de l’Europe ne se trouverait donc pas dans le nombre de soldats, dans la technologie, dans la production, dans les valeurs ou dans des projets de grande envergure. Sa force, c’est qu’elle consomme.

Je crois qu’on a déjà notre réponse.