5000 ans de dettes (David Graeber)

Si vous deviez lire un seul livre d’Histoire, que ce soit celui là

Graeber cherche à comprendre pourquoi nos règles morales sont si souvent exprimées en termes de dette. Reckoning, redemption, guilt, freedom, forgiveness et sin sont autant de mots liés étymologiquement à une même origine : l’acte de repayer une dette monétaire due à autrui.

Graeber distingue d’abord l’argent commercial fongible et interchangeable de l’argent social des tribus traditionnelles. Ces tribus se sont toujours opposées presque explicitement à ce qu’un humain puisse devenir fongible, égal à un autre, remplaçable… L’idée que l’argent soit comparable à une vie humaine leur paraissait dégoûtante. Même en cas de dette de sang, ce paiement imposé par la coutume où le responsable d’une mort compense matériellement la famille endeuillée, jamais la famille qui collecte cette dette n’admettra qu’un paiement puisse remplacer un fils ou une fille disparu.

La découverte majeure de Graeber est que la plupart des dettes ne sont jamais censées être repayées. Elle sont presque toujours effacées, de manière régulière et routinière. L’Histoire ne serait en fait qu’une suite de soulèvements de pauvres endettés réclamant l’annulation de leurs dettes et et une redistribution des terres. Souvent leur seule solution a été de s’attaquer à leurs créanciers (ou plutôt de détruire ou brûler les livres de comptes cachés dans les domaines ou les châteaux des puissants),

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