Un anti-racisme qui tourne à vide et n’accomplira rien

Quand #BlackLivesMatter s’acharne sur le candidat présidentiel états-unien le plus progressiste. Comprenne qui pourra.

Le visonnement de cette vidéo provoque un réel malaise. Voici des militantes anti-racistes qui s’imposent au micro sans invitation et interrompent un rassemblement du candidat présidentiel démocrate Bernie Sanders, pour traiter l’auditoire de racistes et ensuite faire appel à l’empathie de tous pour leur cause (par exemple en demandant soudainement une minute de silence pour les victimes noires tuées par des policiers). Or, Bernie Sanders a participé aux sit-ins du mouvement des droits civiques lorsqu’il était jeune et est l’un des rares candidats à proposer un programme économique ambitieux, capable d’extirper de la misère la population noire. À quoi s’attendent ces anti-racistes qui se montrent hostiles à une foule qui milite pour des intérêts proche des leurs? En gâchant l’événement d’un politicien qui serait utile pour améliorer la vie des Noirs?

C’est presque comme si ces trouble-fêtes ne s’attendaient justement à aucun résultat positif pour la justice raciale. Comme si elles n’avaient rien à faire de la lutte contre la pauvreté. Ça ne devrait pas surprendre chez des personne qui confondent action et agitation, message et simple vacarme, cause politique et égo…
R.L. Stephens II dit vrai : ce jour là ces femmes ne pensaient qu’à elles-mêmes, qu’à l’avancement de leur petite carrière.

Make no mistake, this Bernie Sanders hoopla is ultimately about campaign jobs and foundation funding, not emancipation for the masses. These interruptions will create career opportunities for a few activists and political operatives—the Black leadership desired by Tia and others—but, as with Ferguson, the masses of Black people will be unaffected.

You might call this trickle down racial justice, and it’s deeply cynical. Each time a Black person dies at the hands of the police, for many opportunists, it’s just another news cycle to dominate, one more chance to get some cable TV airtime and web clicks.

D’autres anti-racistes, réels ceux-là, et dotés d’un flair stratégique (ou tout simplement d’intelligence), savent qu’il faut changer la vie des gens, s’attaquer aux problèmes économiques (je commente et mets en gras certains passages) :

Douglas

You cannot eat “a conversation about race” or “a more inclusive story.” Your landlord will not accept the corporate liberal rhetoric offered by Clinton supporters as rent. Black people need jobs, justice, and economic equality.

John McWhorter qui donne des propositions concrètes dans son article « Black People Should Stop Expecting White America to ‘Wake Up’ to Racism ».

  1.  The War on Drugs must be eliminated.
  2. We have known for decades how to teach poor black children to read: phonics-based approaches called Direct Instruction, solidly proven to work in the ’60s by Siegfried Engelmann’s Project Follow Through study. School districts claiming that poor black children be taught to read via the whole-word method, or a combination of this and phonics, should be considered perpetrators of a kind of child abuse (de l’abus, le mot est on ne peut plus juste).
  3. Long-Acting Reproductive Contraceptives should be given free to poor black women (and other poor ones too).
  4. We must revise the notion that attending a four-year college is the mark of being a legitimate American, and return to truly valuing working-class jobs. […] Across America, we must instill a sense that vocational school—not “college” in the traditional sense—is a valued option for people who want to get beyond what they grew up in.

Et enfin, je résume le discours de Thandeka, une unitarienne. Les Unitariens prônent un salut religieux atteint par des actions qui exigent un effort. La doctrine anti-raciste, elle, prône que les non-blancs sont purs, que les blancs sont tous racistes. Aux blancs, cette doctrine ne réserve qu’un rôle, d’une extraordinaire passivité morale. Ils n’ont qu’une « action » à poser, confesser le racisme forcément ancré en eux. Et attendre un Sauveur qui viendra un jour : des actions politiques qui viendront on ne sait quand ou comment de non-blancs et qui sauveront toute la société. Voilà comment Thandeka parle du « privilège », consubstantiel à tous les Blancs selon nos chers anti-racistes, peu importe si les Blancs en question sont pauvres, opprimés, ou milliardaires  :

Privilege, in short, is the avoidance of being tortured by the ruling elite.

To speak of such a privilege – if we must call it that – is not to speak of power but rather of powerlessness in the midst of a pervasive system of abuse– and to admit that the best we can do in the face of injustice is duck and thus avoid being a target.

Les anti-racistes militants et autoproclamés me semblent au final bien peu outillés pour changer quoi que ce soit à l’état du monde… Mais bon, comme dit parfois le philosophe Michel Onfray, on se tourne vers dieu quand on échoue à faire de la politique. Les anti-racistes semblent justement ronronner de plaisir à se contenter de théologie, à parler de non-blancs purs qui doivent être montés contre des blancs qui ont un parfum de soufre.


Au moins, le groupuscule #BlackLivesMatter est capable de prendre la critique, ou du moins de faire un minimum de damage-control, puisqu’il a éventuellement avancé des propositions. Il est amusant de voir que Bernie Sanders est justement le candidat dont le programme répond le mieux aux exigeances de nos trublions. Nous verrons bien si quelque progrès concret découlera un jour de tout cela. Je ne parierais pas là-dessus.

Publicités

Laisser un commentaire

Choisissez une méthode de connexion pour poster votre commentaire:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s