Un dollar québécois, et vite!

On peut l’appeler la piastre québécoise si vous préférez

Vivre avec la monnaie d’un autre, c’est être à sa merci.

À travers l’Histoire, chaque nouvelle nation n’a réussi à bien se financer qu’avec sa propre monnaie. Qu’en ayant aucune dette envers des étrangers, en payant chaque dette avec sa monnaie. C’est en créant sa propre monnaie qu’on parvient à une économie fonctionnant à 100%, avec aucun chômage, de l’épargne et des usines roulant à plein régime.

L’immense pouvoir de l’argent

L’argent n’est qu’une mesure de dette. Quelqu’un repeint votre clôture? Vous lui « en devez une », et ça se mesure en argent. À l’épicerie, le caissier vous dit que vous lui en devez une. Combien? Voyez la facture. Votre compte en banque? Une simple promesse. Votre banque vous doit le montant de votre solde. L’argent n’est pas là, il n’est qu’une promesse, si la banque fait faillite vous pouvez faire une croix dessus. Même dans votre poche, ce billet de 20$ avec le visage de la reine dessus, c’est de la dette. La reine d’Angleterre vous est redevable, vous doit ce 20$ (en son absence, le gouverneur général et le gouvernement canadien assument le rôle de débiteurs). À chaque fois dans l’Histoire, une institution, toujours l’État, a décidé de fournir un chiffre, une mesure claire pour toutes les dettes. C’est l’État qui met de l’ordre en nous permettant de mesure tout ce qu’on doit aux autres, rendant possible le marché, le capitalisme, le chômage et tout le reste.

Je vous entend déjà vous demander quelle est la différence entre cette mesure imposée par un État et les jetons de casino ou l’argent Monopoly. Voyez comment l’ex-banquier Warren Mosler se métamorphose en un nouvel État et crée une nouvelle monnaie en direct dans une conférence :

Ses petits cartons, ses cartes d’affaires, n’ont pas l’air d’une monnaie. Mais si jamais il demande à des hommes de main de bloquer les sorties de la salle, ne cédant le passage qu’à ceux qui les paient en petits cartons, la situation change. Vous voulez de sa monnaie. Vous voulez échapper à sa police, à sa violence légitime. Vous devenez un chômeur, prêt à tout pour avoir ses petits cartons. Cartons qu’il est le seul à pouvoir créer, à volonté et à l’infini.

Il est bien là le secret que les économistes ignorent par stupidité ou peur qu’on se remette à respecter l’État : l’État impose sa monnaie par la taxe. Parce que chaque année l’État vous demande de sa propre monnaie en impôts, sous la menace de vous jeter en prison, vous désirez sa monnaie. Ça devient limpide dans la colonisation de l’Afrique. L’Angleterre a imposée une Hut Tax aux populations : 10-14 shillings par hutte, sinon leurs troupes mettaient le feu à la hutte. Pensez-vous que Londres avait envoyé ses agents si loin juste pour demander quelques piécettes? Non, c’était pour soumettre ces populations, transformer des hommes libres en contribuables, en chômeurs. Dès lors, les colonies du Cap, du Zimbabwe, de la Rhodésie et du Sierre Leone allait obéir et produire des cacahuètes pour sa Majesté, autant qu’il en faudrait pour payer leurs taxes à la fin de l’année fiscale.

L’homme aux commandes de l’État et de la police a les coudées franches. Il peut payer tout le monde avec ses cartons ou ses bouts de papier, il peut acheter tout ce qui existe en payant avec une monnaie fabriquée sur le coup. Le seul risque, c’est l’inflation, qui n’arrive que si l’État manque de gens à mettre au travail, ou manque d’objets à acheter. C’est comme la crise des disques durs en 2011. Principalement produits en Thaïlande, le nombre de disques disponible a chuté lorsque le pays a été inondé cette année là. Leur prix a bondi. La demande est restée la même, mais la quantité d’objets à acheter était plus petite. Nos médiatiques sont monomaniaques sur la quantité de dollars. Pour eux il y en a toujousr trop. Mais pensez y. S’il peut y en avoir « trop », ça veut dire qu’il est aussi possible de ne pas en avoir assez.

Voilà le pétrin dans lequel on se retrouve. Par idéologie, on refuse à nos États de créer directement l’argent pour mettre les gens au boulot et acheter les produits dont on a besoin. Nous sommes comme une société d’idiots qui s’interdiraient par exemple d’utiliser la roue, par religion. Le comble? L’argent se crée quand même en quantités folles, parce qu’on a laissé ce pouvoir à des banques privées. Je répète : on les laisse faire.

Qu’arrive-t-il losrque vous payez une bière au resto avec votre carte de crédit? La banque crée l’argent pour cette bière instantanément. Il n’y a pas de banquier qui court en panique, pour fouiller dans des fonds de tiroirs et grapiller de quoi payer cette bière. L’argent est créé. Pareil pour les prêts étudiants au Québec. Ces parasites de banquiers créent des millers de dollars pour l’étudiant instantanément, dès qu’il reçoit la promesse de l’État de rembourser le prêt si jamais l’étudiant échouait à le faire. Face tu perds, pile ils gagnent.

Et bien sûr, les banques ne créent pas cet argent pour vos beaux yeux. Ils créent la monnaie dont on a besoin, mais le font avec intérêt, il faut leur la leur rembourser totalement, plus un intérêt qui n’existe pas encore. Cet intérêt, source d’à peu près tous nos maux, est un trou noir qui endette progressivement toujours plus de monde. De plus en plus d’usines, de maisons, de biens finissent entre les mains des banquiers lorsque des familles sont ruinées et incapables de tout leur rapayer. Les banques aspire tout, tous nos efforts, toutes nos pensées, tous nos avoirs. Michael Hudson ne voit que trois fins possible quand les dettes gonflent inévitablement :

  1. La faillite. La banque s’approprie ce qui a de la valeur. Un jour tout finira entre leurs mains.
  2. Le gouvernement assume la dette
  3. L’État annule la dette (comme les rois moyenâgeux, ou les lois bibliques)

La création monétaire publique permet la vie des nations. La création privée de la dette, c’est leur mort, la toile d’araignée dont parle le livre Web of Debt.

Comment tuer une nation

Toutes les nations du monde qui se sont laissées séduire par les sirènes des banquiers ont souffert le martyre.

Henry Liu appelle cela le Tequila Trap :

  1. On vous promet des investissements étrangers en dollars US
  2. On vous promet qu’ils viendront dès que vous adoptez des taux flottants pour votre monnaie en plus de la conversion libre en dollars US
  3. Les spéculateurs à la Georges Soros débarquent, créent des crédits sur des ordinateurs, et en moins d’une journée peuvent avoir réduit à néant la valeur de votre monnaie nationale

Le livre Web of Debt décrit toutes ces histoires d’horreur dans le détail.

États-Unis

En 1691 le gouverneur du Massachusetts essaie de s’emparer de la ville de Québec, en débarquant à Beauport. C’est à ce moment que le gouverneur Frontenac a prononcé sa phrase, qu’il allait répondre à la demande de reddition « par la bouche de ses canons ». Les américains se sont faits tailler en pièces et on du rentrer chez eux la queue entre les jambes. Sans butin, comment leur colonie dénuée de mines d’or et d’argent allait payer les pertes matérielles et les pensions des veuves? En inventant une monnaie de papier.

Chaque État de Nouvelle-Angletterre créa sa monnaie coloniale. La production déterminait la quantité de monnaie à avoir. Benjamin Franklin, un partisan de cette méthode, nous en fait une bonne description. Son État, la Pennsylvanie, créait cette monnaie en faisant des prêts. Toutes les dépenses gouvernementales étaient ensuite financées avec les intérêts perçus sur ces prêts, par recyclage. Aucune taxe. La prospérité et l’éducation étaient répandues.

Dans la métropole, les banquiers anglais s’arrachent les cheveux. Comment les colons osent-ils vivre dans le confort sans enrichir les milieux financiers? En 1751, Georges II interdit impression de monnaie par les colons. Franklin visite l’Angleterre en 1764 pour tenter de renverser la décision et est stupéfait d’y voir des mendiants. Les londoniens n’en reviennent pas, n’ont-ils pas eux aussi des mendiants en Pennsylvanie? Aucun, répond Franklin, l’État crée assez d’argent pour mettre tout le monde au travail. L’illégalité de l’impression de monnaie coloniale est malheureusement confirmée par le parlement anglais. Les américains vont commencer à souffire. Dès 1765, les mendiants se multiplient autour de Franklin, selon ses mémoires. Le peuple se révoltera et l’indépendance sera réussie quelques années plus tard. Il est important de souligner que c’est avec leur monnaie, les Continentals que l’État central financera une guerre qui semblait perdue d’avance, repoussant la première armée du monde, celle de l’Angleterre. Lincoln reproduira le même exploit en créant des billets, les Greenbacks pour gagner une autre guerre un siècle plus tard.

Mexique

À la belle époque, le pétrole mexicain était un bien public. L’État n’avait pas de dettes. Dans les années 80, l’État décide que le peso serait convertible au taux libre. La finance internationale passe à l’attaque immédiatement en vendant leurs réserves de pesos. Le gouvernement mexicain essaie de les racheter pour en garder la valeur. Il rachète les pesos avec dollars, mais vient à manquer de dollars. Il se met à en emprunter sur les marchés . Le voilà pris dans la toile d’araignée de la dette. Les taux d’intérêt triplent soudainement et en 1982 le Mexique fait défaut.

Russie

En 1989 l’URSS s’écroule. Deux ans plus tard leur banque centrale est rendue indépendante du pouvoir politique. Les conseillers américains envoyés à Moscou ont profité de la situation pour poursuivre la guerre froide et imposer l’austérité. De 92 à 98 l’économie russe s’effondre de 40%. Le contrôle des prix cesse, l’inflation est de 520%. Les salaires réels baissent de 84%. Les Russes écouté le FMI (étape 1 du Tequila Trap) et les spéculateurs ont détruit le rouble puis se sont volatilisés.

Ukraine

En 1994, les Ukrainiens mettent fin aux contrôles sur les échanges de devises. Le prix du pain triple, celui de l’électricité est multiplié par six. L’ancien grenier à blé de l’URSS doit importer des grains.

Yougoslavie

Ce riche pays mi-socialiste mi-capitaliste décide par goût du luxe que ses importations excéderont ses exportation. Il emprunte à l’étranger pour y parvenir est s’empêtre dans la toile d’araignée de la dette. Il demande un plan d’aide au FMI et obéit au plan d’austérité exigé par celui-ci. En 1991 on l’inflation atteint 151% et« le chômage, 20%.

Argentine.

Le FMI les oblige à avoir 1 dollar américain avant de se permettre de créer chaque peso. Deux faillites s’ensuivent : en 95 et en 2001. Leur économie renaît dès qu’ils cessent d’écouter le FMI, avec une croissance enviable de 8% par année. Vraiment, le cas argentin montre que seuls les pays dociles ont à souffrir.

Zimbabwe.

Le FMI refuse toute réduction de leur dette. Le Zimbabwe imprime sa monnaie pour acheter des dollars et repayer sa dette en USD$ envers le FMI. Les spéculateurs vendeurs de dollars, en bons rapaces, haussent le prix du dollar dès que c’est l’État du Zimbabwe qui en demande. La catastrophe inflationniste du Zimbabwe s’ensuivit.

Japon

En 1980 le Japon est vu come une superpuissance industrielle. Ça n’allait pas durer. En 1987 Wall Street vend à découvert les titres de la bourse de Tokyo, qui s’effondre. Le Japon essaie de renouer avec la croissance de nos jours. À partir de 2013 son but avoué était de doubler la quantité de yens circulation. Ils échouent pourtant à générer de l’inflation.

Inde

Suite à Nehru et Indira Gandhi, le pays est isolationniste et prône l’investissement public comme en Chine. Cependant les Indiens veulent du pétrole et sont forcés d’accepter des prêts du FMI pour obtenir des dollars. L’endettement dans cette monnaie étrangère les limite toujours et les empêche de rattraper la Chine.


Je m’arrête là puisque je me suis déjà trop étendu sur le sujet, mais vous comprenez déjà sans doute le principe. Les champs de ruines ne manque pas dans l’histoire de la finance internationale et chaque pays doit se doter de frontières étanches, avec de bons contrôles sur les biens ou capitaux qui les traversent. Pour faire plus court:

Dessinez des frontières et inventez votre propres monnaie

Parce qu’on est souverain pleinement, ou pas du tout

Parce que la finance internationale est un nid de vipères dont il faut se tenir loin

Parce que tous les pays d’Afrique, d’Asie, d’Amérique Latine et d’ex-URSS ont prouvé les dangers de la naïveté et de la subordination

Parce que vous n’avez rien d’autre à craindre que les pénuries de ressources

Que les souverainistes fassent du dollar québécois l’étape 1 de leur programme!

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