Souverainisme : les gagnants battent monnaie!

N’acceptez aucun fédéralisme, aucun gouvernement mondial, aucune camisole de force (traités, règlements) et faites votre propre monnaie!

Un souverainiste comme François Asselineau le comprend sans peine : regardez les gagnants. Qui sont les pays qui ont un certain succès économique? Ceux qui pensent à leur intérêt national! Quel genre d’élites pensent au qu’en-dira-t-on à l’ONU, à Bruxelles ou à la City avant de se soucier de leur propre peuple?

Comme à mon habitude, je vais me concentrer sur la souveraineté monétaire. Voici quelques bras d’honneurs lancés à la finance internationale :

Abraham Lincoln et les Greenbackers

Abraham Lincoln semblait cuit aussitôt élu. Le Sud faisait sécession, les Britanniques massaient leurs troupes à la frontière Nord, les Espagnols et les Français faisaient pareil plus au Sud. Ses généraux (sauf Sherman) étaient des abrutis et il s’entourait d’ultra-conservateurs, comme son vice-président, qui étaient carrément ses ennemis. Son seul allié à l’international était le lointain Tsar. Les États-Unis semblaient finis. (Dites-moi si ça vous rappelle un certain président…) Et pourtant Lincoln gagnera la guerre. Comment? En écoutant les Greenbackers et Henry Carey. Son gouvernement imprimera sa propre monnaie, nourrissant une industrie et un effort de guerre qui finira par surpasser les puissances européennes. Et sans inflation! Malgré le fait que les banquiers aient eu sa peau au final, son exemple en inspirera beaucoup.

Japon

Yukichi Fukuzawa écouta les Greenbackers et Ulysse Grant (qui lui dit que « les riches aiment dévorer des petits pays en les endettant »). Fukuzawa créera des yens, achèta les terres aux familles samurais, encouragea celles-ci à se convertir en grands industriels (comme la famille Mitsubishi) et financera leurs projets. Dans la même lignée, Yakayashi Korekiyo inventa et appliqua le système de Keynes avant que celui-ci ne le couche sur papier. Il relança l’économie avec des yens créés par le gouvernement. Japon évita la Grande dépression. L’État faisait des plans à long terme et les entreprises privées appliquaient ces plans en bâtissant les nouvelles industries. Dans les années 80 le Japon était vu comme une superpuissance. Ses ministères du commerce et de l’aide internationale aidaient le reste de l’Asie à imiter leur modèle, comme en Corée du Sud et en Malaisie dès les années 70. Seule une attaque de Wall Street en 1987 a réussi à mettre un frein leur économie pour la laisser dans le marasme actuel.

Allemagne

Vous avez déjà vu les photos du désastre allemand après la Première guerre mondiale. Les réparations de guerre sont le triple des avoirs de l’Allemagne. Leur banque centrale est privée et est un organisme dédié à son propre profit. Elle prête aux spéculateurs, aux short sellers qui parient frénétiquement sur la baisse du deutchmark. Ils sont tellement avides que le gouvernement permet aux petites banques de créer elles aussi de la monnaie pour gaver ces parasites. Comment s’en sortiront-ils? Avec Hjalmar Schacht et la branche pro-travailleurs du parti nazi. La création de monnaie directement gérée par l’État a remis tous les chômeurs au travail dans de grands travaux public, évitant l’inflation. Pour obtenir les produits nécessaires qu’on trouvait seulement à l’extérieur de l’Allemagne, Schacht a négocié avec les pays voisins. Il leur a fait accepter le troc de marchandises ou des marks allemands pour exporter vers l’Allemagne. On sait comment le pays a tourné quelques années plus tard (lorsque la branche pro-travailleurs du parti a été éliminée), mais n’oubliez jamais comment il est passé en 10 ans de la ruine et l’humiliation à la première puissance mondiale, sans chômage, si fort que ses trois rivaux n’ont pu le terrasser qu’en l’attaquant ensemble.

Corée du Sud et Malaisie

Ces deux pays, fidèles élèves du Japon, ont humilié le FMI et l’austérité, avec une croissance de 7-8% au travers des années 80. L’État a créé des programmes de sécurité sociale, des universités prestigieuses, des usines hautement productives, un planning central étatique avec un secteur privé pour le mettre en oeuvre. La Corée du Sud en particulier est devenue un géant manufacturier, chimique et culturel. Je me rappelle une anecdote, glânée je ne sais où, qui montre la force du nationalisme économique coréen. Ils tenaient tellement à développer leurs propres industries qu’ils s’interdisaient des luxes aussi addictifs que les cigarettes importées. Il fallait se discipliner et attendre d’être capable de tout fabriquer soi-même.

La Malaisie quant à elle représente surtout un bel exemple de résistance. En 1997 la crise monétaire asiatique commence. Les Malaisiens sont parmi les rares à refuser les plans d’austérité du FMI. Ils lui répondent que le chômage exploserait et que les étrangers achèteraient leurs compagnies. Ils maintiennent un taux de change fixe et décident qu’on ne pouvait échanger de leur monnaie qu’à leur banque centrale.

Chine

La première puissance du monde au moment où vous lisez ces lignes. Comment y est-elle parvenue? Et comment s’est-elle remise de Mao? Tout commence avec un certain Sun Yat -Sen. Ce rebelle opposé à l’empereur s’est réfugié à Hawaï. Il y apprend l’économie auprès des Greenbackers (toujours eux!). Une fois l’empereur chassé du pouvoir, il sera désigné président. Ses méthodes ont eu une telle influence qu’il est considéré comme le père fondateur de la Chine tant par les nationalistes de Taïwan que par les communistes, pourtant ennemis. Depuis Yat-Sen, la Chine a toujours évité les taux flottants ou l’indexation de sa monnaie au dollar, choisissant son propre taux. En 1949 les communistes l’emportent et prennent le contrôle du territoire. Leur gouvernement créera le renminbi (monnaie du peuple) lui-même plutôt que de laisser ce pouvoir à des banque privées.

La question se pose encore : Comment la Chine est-elle devenue la première économie mondiale? Ce n’est pas que par le travail bon marché! Tout le Tiers-Monde est prêt à travailler pour pas cher, alors ce n’est pas une réponse! C’est tout simple : les banques publiques chinoises créaient de l’argent pour tout projet productif. Ces banques se souciaient peu de faire du profit ou de voir leurs prêts être rigoureusement remboursés. Elles ne sont qu’une branche du gouvernement. Gouvernement qui en même temps d’approvisionner l’industrie en monnaie, abaisse les taxes sur les travailleurs et annule tout taxations des paysans. Juste en 2006, la masse monétaire monte de 18% et aucune inflation notable n’es remarquée. Jamais les moyens de production n’ont été utilisés à 100%. La Chine est un tonneau des danaïdes, l’industrie et la nouvelle classe moyenne neuve ont toujours pu s’agrandir grâces à l’afflux de renmibis. Le comble, c’est que les planificateurs chinois sont prévoyants, dessinant déjà l’étape suivante pour l’économie chinoise : être l’investisseur qui bâtira des industries hors de son sol, dans toutes l’Eurasie.


Et ce ne sont que quelques exemples, on pourrait ajouter d’autre expériences comme l’Argentine, le Vénézuela…

Vraiment, est-ce que un seul de ces exemples vous semble relever de gens timides, tremblant dans leurs bottes à l’idée de désobéir à un banquier vivant à l’autre bout du globe? Vous semblent-ils prêts à abandonner leur monnaie souveraine? À tolérer des « élites » traitresses et interchangeables?

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