Comment Trump a oblitéré Hillary

Le message gagnant est : Court. Répété. Imagé. Illustré. Fidèle à l’identité de ceux qui écoutent. Ne répète pas le message adverse.

La rhétorique de Trump est probablement tout ce sur quoi repose son succès. L’argument « c’est un homme d’affaire! Forcément il saura comment remettre l’économie debout! » me semble un argument mineur. Inventé sur le coup par des gens déjà conquis. Il est temps d’étudier les raisons du succès du 45e président, expliquées surtout par Scott Adams et « Ben ». Si vous croyez que Trump trébuchait de victoire en victoire par pur hasard, ou qu’un hackeur russe se cachait sous chaque lit, vous pouvez arrêter de lire maintenant.

Surtout, arrêtez de croire que plus de données, plus de faits saura persuader les autres. Clinton, du moins au début, a mené une campagne factuelle et ennuyeuse, voyez où ça l’a menée. Voyez ce qui marche vraiment :

Les méthodes de Donald

  • Tester les phrases. À chaque rassemblement il en essayait une nouvelle : « make America great again », « drain the swamp », « lock her up », « build a wall »… Il voyait en direct lesquelles faisaient exploser l’applaudimètre. Pensez au « rôdage » des humoristes qui testent chaque blague dans des bars minuscules avant d’arriver devant des foules.
  • La répétition. Il martelait les mêmes affirmations, vraies ou non, jusqu’à ce qu’elles entrent de force dans le crâne du public. Il répétait « les Noirs m’adorent », les « Floridiens m’adorent », jusqu’à ce qu’assez de monde le croient pour que ses appuis montent.
  • Dessiner une image. Son premier message a été de promettre un mur, on ne peut pas faire mieux. Un « beau, grand mur avec une seule grosse porte. » C’est concret, même ceux qui l’haissaient ont vu le mur dans leur tête. Impossible de l’oublier!
  • Son vocabulaire. Cherchez ses discours de campagne, ils sont truffés de mots à une syllable. Les analystes disent que ses discours pouvaient être compris par un gamin de 4e année (il a carrément répété un conte pour enfants pendant des semaines).

Bon vous n’êtes peu être pas obligés de toujours vous adresser à des enfants, mais vous comprenez le principe. Plus vos mots sont courts, plus ils seront reconnus par un large public. Les longs mots sont plus précis, mais le public capable de vous comprendre se réduira. Pensez à votre auditoire! Utilisez le mot le plus précis possible qui sera compris par tous ceux qui vous écoutent.

On continue :

  • Peu de statistiques. Pour un message, l’ordre d’efficacité est :
  1. L’appel à l’identité, comme Trump qui se montrait comme la quintessence de l’américain, le gros dur ou le père sévère mais juste (stéréotypes admirés par son public cible) ou qui se mettait un casque de travailleur de la construction quand il leur parlait (montrant qu’il ne leur est pas étranger)
  2. L’analogie, comme comparer la corruption de D.C. à un marais
  3. La raison, (inutile).
  • La peur et une vision d’avenir. La peur crispe, rend conservateur. Elle bat toujours la vision d’avenir. Mais la vision combinée à la peur bat la peur. Trump utilisait les deux : selon lui son pays était au bord du désastre, mais il allait sans efforts le ramener à la bonne vieille époque où tout fonctionnait.
  • Prédire sans risquer de se tromper. Il grossissait le risque d’attaques terroristes ou djihadistes. Le moindre (inévitable) incident impliquant des étrangers dans le moindre pays d’Occident le transformait en devin.

Les attaques

Il attaquait personnellement son adversaire du moment, son rival le plus dangereux au parti Républicain, puis l’oubliait et n’en parlait plus, passant à la cible suivant, jusqu’à Hillary.

Pour chaque adversaire il inventait un Linguistic Kill Shots : « low-energy Jeb, little Marco, robotic Marko, crooked/sick Hillary »… L’insulte doit être nouvelle, un mot jamais utilisé dans le contexte politique et idéalement il est visuel, juste en voyant la démarche, la voix ou le faciès du rival, l’insulte doit revenir à notre mémoire.

N’oubliez simplement pas que la négativité du discours ne doit jamais compromettre votre crédibilité. Qu’attaquer l’adversaire peut avoir un effet boomerang. Même si votre attaque était faite sous le couvert de l’humour. L’effet boomerang risque surtout d’arriver si votre cible est elle-même hautement crédible et votre public est très sophistiqué. Bâtissez votre propre crédibilité avant de s’attaquer à celle des autres.

L’attaque qui ne vous revient pas au visage est :

  • pertinente plutôt qu’hors sujet
  • civile
  • faite sur un contencieux plutôt qu’un trait personnel
  • vise quelqu’un de plus fort, au-dessus de vous (punch up)
  • vise un individu, pas une foule ou un groupe
  • vise un individu immoral, qui cause du tort

Cette éventualité « boomerang » nous éloigne toutefois du candidat téflon Trump vu qu’il a rarement souffert de son agressivité, sauf contre cette famille Khan endeuillée suite à la mort de leur fils (mort en Irak, guerre approuvée par Clinton et dénoncée par Donald…)

L’Overton window

Pour finir on peut dire qu’il incarne avec succès l’Overton window. Il montre comment vos idées peuvent passer de l’impensable à la politique publique, par la répétition et quelques ruses.

 

LES VIDÉOS DE CHARISMA ON COMMAND SUR TRUMP

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