Comment impressionner – How to Talk to Anyone (L. Lowdes)

Impressionner les gens, avoir une meilleure conversation, réseauter, ça s’apprend!

Leil Lowndes a donné plusieurs cours pour apprendre aux gens à parler avec n’importe qui. Son but est de mettre à jour les classiques du genre de Carnegie, pour les adapter au XXIe. Sautons tous de suite dans le vif du sujet. Comment aborder des inconnus? Comment devenir charismatique? Comment intéresser, impressionner, paraître sérieux et compétent en quelques secondes?

La bonne posture, le bon sourire

Pour laisser savoir que vous êtes important, que vous valez la peine d’être connu, adoptez la bonne posture. Un sourire confiant. Un regard direct, dans les yeux de l’autre. La tête haute. Les épaules reculées. Le dos bien droit. Tout est bien droit, bien aligné, comme un athlète de cirque qui fait son entrée en scène, sous les applaudissements du public.

Pour ce qui est du sourire, assurez vous qu’il soit crédible. Si vous souriez tout le temps, immédiatement, vous paraîtrez moins sérieux. Que votre sourire soit plus rare. Pratiquez-vous devant le miroir, adoptez un sourire qui mobilise tout le visage. Développez une variété de sourires à déguainer au besoin.

Et enfin, quand vous rencontrez une personne pour la première fois, ne souriez pas d’entrée de jeu. Attendez une fraction de seconde. Prenez le temps de regarder, de scanner la personne. De lire son langage corporel. Après cela, souriez. Ce sourire semblera causé par leur présence.

Et pour les yeux, Lowndes recommande le contact visuel prolongé. Ça aide à paraître plus intense, plus séducteur, ou plus pensif dans une conversation intellectuelle. En gros, soyez réticent à rompre le contact visuel. Ne le rompez que très lentement. Et même là, ne le faites pas immédiatement après que l’autre ait fini de parler. Bien sûr, il y a des exceptions. Entre hommes, faut y aller mollo avec le regard fixé sur les yeux de l’autre, quand il est question d’intimité ou de la vie personnelle. Lowndes propose aussi une technique avancée, surtout en séduction. Si vous avez une cible en vue, qui vous connaît déjà un peu, qui ne vous est pas indifférente, regardez-la dans les yeux à chaque fois qu’une tierce-personne finit un point ou finit de parler. Ça va intriguer la cible. Votre attention revient toujours sur elle, même si quelqu’un d’autre est en train de donner un discours, d’être le centre de l’attention. À ne jamais tenter avec de purs inconnus.

Le charisme

Quand quelqu’un vous voit pour la première fois, tout ce qu’il a, c’est votre langage corporel. Assurez-vous de ne pas rater votre première impression. Lowndes propose d’imaginer toute la joie que vous ressentez lorsque vous revoyez un bon ami, perdu de vue depuis des années. En faisant la rencontre d’un inconnu, imaginez qu’il est un vieil ami. Comme il vous a manqué! Inconsciemment, votre langage corporel sera le bon : chaleureux, ouvert, joyeux.

Autrement, empêchez tous les mouvements soudains ou rapides. Pas de petits regards lancés à gauche ou à droite de l’interlocuteur. Pas de main portée à votre visage. Ne massez pas votre bras. Ne grattez pas votre nez. Ne rajustez pas soudainement votre col de chemise ou votre cravate. Tout mouvement soudain paraîtra bizarre, comme un signe d’anxiété.

Enfin, votre but est de faire une conversation plaisante. De maîtriser le small talk. C’est tout simple. Imitez l’humeur de l’autre. Reproduisez son ton de voix. Votre similarité suggèrera que vous avez des personnalités proches, que vous êtes digne de confiance. Pour ce qui est du contenu des conversation, n’importe quoi convient, tant que c’est aimable. Que ce n’est pas négatif (les geignards ne font jamais bonne impression). « D’où venez-vous? », « Comment avez-vous connu l’hôte de cette soirée? »

(Re)Démarrer les conversations

Ça peut aider d’avoir une babiole qui se remarque facilement. Il se peut que des gens dans une salle de réception aimeraient vous aborder, mais qu’il ne leur manque qu’un angle d’attaque. Si vous portez une chose voyante, ça les aidera : « Très colorée votre cravate! » « jolie montre! », etc.

Dans les conversations aussi, il faut donner un angle d’attaque. Ne donnez jamais des réponses brèves, nues. « Je m’appelle Bob ». « Vous venez d’où? – Montréal. – (…) » Rajoutez toujours un commentaire d’une phrase ou deux. Rendez la réponse intéressante, imagée. Par exemple, quelqu’un se fait demander son boulot, plutôt que de répondre « Agent immobilier… », pourrait dire « J’aide les gens à trouver et à s’installer dans la maison de leurs rêves. » Et si c’est vous qui abordez les autres, l’organisateur de la soirée est un allié précieux. S’il vous dit « Oh elle c’est Sophie Nom-Inventé, je ne sais plus quel est son travail, mais je sais qu’elle adore le ski. » Vous avez un angle d’attaque : « Bonjour, vous êtes Sophie, l’organisateur m’a parlé de vous et m’a dit à quel point vous étiez une bonne skieuse. Où est-ce que vous vous rendez pour faites du ski? » etc. Au pire, en vous tenant près d’un groupe, en entendant un peu leurs conversations, vous saurez quel est leur métier ou leur hobby, ça vous permet vous joindre à eux « Ah vous parlez des Bermudes? J’y vais en voyage dans un mois, avez-vous des suggestions? » Et si jamais vous manquez d’indices ou de matériel pour briser la glace, lisez le journal du matin. Les dernières nouvelles conviendront.

L’auteure mentionne quelques autres trucs de base. Prêtez une grande attention à l’autre. Il a parlé de plantes à un point ou un autre? Ça doit être un de ses intérêts. Inconsciemment, il souhaite en parler. Et préférez la question « qu’est-ce que vous aimez faire / comment vous passez le plus clair de votre temps » à un « qu’est-ce que vous faites dans la vie », qui pourrait gêner les chômeurs, les sans emploi, les femmes au foyer. Préférez les questions qui laissent la porte ouverte à leur travail ET à leurs hobbies.

Autrement, l’auteure rejoint Carnegie dont j’ai déjà parlé sur ce blogue. Dans toute conversation, la personne en face de vous est la vedette. Imaginez qu’elle est sur une scène, avec des projecteurs tournés vers elle. Lowndes s’écarte seulement de Carnegie en disant que l’intérêt sincère ne suffit pas. Il faut des connaissances de base! Si vous vous attendez à croiser un groupe d’un certain métier, ou aimant un certain hobby, cherchez un peu à leur sujet sur Internet, ou dans des revues spécialisées. L’essentiel est de briser la glace avec le genre de question qu’un des leurs poserait. Devant un astronaute, demandez « Vous avez participé à quelles missions? », plutôt que « Comment vous faites pour aller à la toilette là-haut?? » Apprenez un peu de leur jargon, ou mieux encore, les grands débats du jour dans leur milieu. Mais soyez prêt à changer le sujet, vous n’êtes pas vraiment un expert comme eux.

Être aimable

Plusieurs trucs marchent à coup sûr :

  • Le Perroquet. « J’ai vu un nouveau spectacle qui s’appelle Sweeney
    Todd. » « Sweeney Todd ? » « Oui, une comédie musicale avec une histoire vraiment bizarre et incroyable » « Une histoire bizarre? »
  • Soyez sourd et aveugle aux faux-pas. La personne avec qui vous dînez renverse sa tasse de café? Vous n’avez rien remarqué.
  • Quelqu’un raconte avec délice une histoire ou une blague, mais est interrompu avant de finir? Quand la distraction est partie, soyez celui qui lui demande de continuer.
  • Soyez le premier à applaudir à la fin d’un exposé ou d’une conférence. Devenez le leader de la foule! (Surtout si vous voulez vous rapprocher du conférencier)
  • Quelqu’un vous doit une faveur? Attendez quelques mois, le plus longtemps possible avec de réclamer votre dû. Pendant ce délai, l’autre savoure l’idée que si vous l’avez aidé le premier, c’est par amitié, pas être récompensé dès le lendemain!
  • Quelqu’un (surtout des clients!) est nerveux, déprimé, frustré? En a gros sur le coeur? Laissez-le vous faire son monologue. Laissez le finir. Il doit se vider le coeur avant que vous puissiez proposer une vente, une idée, une requête ou quoi que ce soit.
  • Ajoutez de la précision à vos remerciements. « Merci de m’avoir attendu », « Merci d’avoir été aussi compréhensif ». Ça paraît beaucoup plus sincère.
  • Aidez vos amis à raconter leurs bons coups à un groupe qu’ils ne connaissent pas. « Hé, raconte-leur cette fois où tu as blablabla… »
  • Quelqu’un vous raconte une histoire, fait l’étalage de ses connaissances? Laissez-le savourer. Ne l’interrompez pas avec un « moi aussi! » ou « oui, je connais aussi »
  • Quelqu’un dont la réputation est déjà établie voudra se rendre humain. Admettez de légers défauts : George Bush (père) admettait son horreur des broccolis.
  • Ne répondez pas par de simple hochements de tête, ou « hmm hmm». Les phrases de Mike Cernovich sont préférables :
  1. « Ça a dû être X… »
  2. « Vous avez dû vous sentir X… »
  3. « Dites moi en plus »
  • « Nous » et « on » sont des mots magiques. Utilisez les le plus tôt possible avec quelqu’un rencontré il y a peu de temps. Qu’est-ce qui vous est arrivé à tous les deux? Parlez-en en utilisant le mot « nous », ça aidera à bâtir un rapport.
  • Carnegie recommandait les compliments à tout va. Soyez subtil: Complimenter implicitement, c’est avoir plus de doigté. « J’aurais pas dû signer un contrat sans lire les petits caractères, je sais que quelqu’un de prudent comme toi aurait pas fait une erreur comme celle là! » « Quelqu’un comme toi aurait monté ce sentier sans même perdre son souffle, mais moi je pensais que mon coeur allait s’arrêter! »
  • Ce que vous voudrez faire sans modération, c’est un dire « bien joué! » ou « joli coup! » dès qu’un autre réussit quoi que ce soit. Et dites-le tout de suite, ça doit devenir un réflexe.
  • (Pour les hommes) recherchez tous les synonymes de « belle » avant de complimenter une femme : élégante, ravissante…
Soirées mondaines – La Méthode du politicien
  1. Demandez à l’organisateur « qui sera là? » Noter les noms des gens à ne pas manquer.
  2. Ne vous précipitez pas sur la table où se trouve la nourriture. Si vous parlez aux autres qui mangent et ont la bouche pleine, vous les dérangez. D’autres plus loin autour n’oseront pas vous aborder vu que vous êtes occupé à vous empiffrer. Les politiciens ont toujours déjà mangé avant d’arriver, en fait.
  3. Soyez flexible sur l’heure de votre départ, mais généralement partez tôt, après avoir parlé à toutes vos cibles
  4. Emmenez des cartes d’affaire. En quantité.
  5. Trouvez la VRAIE raison de la soirée. Ça peut être une commémoration, l’anniversaire d’un organisme, mais peut-être qu’en fait les gens sont surtout là pour parler affaire et conclure des gros contrats.
  6. Quel genre de monde sera là? S’informer sur les actualités ou le jargon de leur domaine pour être capable de se joindre à eux.
  7. Le lendemain, étalez toutes les cartes d’affaires des nouveaux contacts que vous avez faits. Trouvez quand et comment recontacter chacun d’eux.

Enfin, la personne qui veut être abordée doit arriver comme une superstar. Franchissez le cadre de porte de l’entrée, et restez sur place quelques secondes. Scannez les lieux du regard. De gauche à droite. Posez les yeux sur chaque personne présente (ça permet d’identifier les gens intéressants, l’importance se mesurant à leur posture/langage corporel). Après, positionnez-vous au parfait centre de la pièce, ou près de l’entrée, comme ça chaque nouveau venu aura à passer à côté de vous.

En entreprise : faire bonne impression

Dès que vous avez à transmettre une mauvaise nouvelle à quelqu’un, exprimez au moins de la sympathie, affichez l’émotion que ressentira celui qui a à recevoir la bombe.

Assurez-vous de bien paraître. Les gens font facilement le pigeon voyageur pour les commérages, les rumeurs négatives « un tel a paru stupide l’autre jour, faut que je te raconte… » Soyez plutôt le messager de félicitations «Bravo! j’ai entendu dire qu’un tel a adoré ta présentation! Il n’arrêtait pas d’en parler l’autre jour! » ou alors soyez celui qui envoie des informations utiles à vos contacts, par courriel par exemple « [Lien vers un article]– Je pense que ça pourrait te servir! » Et si c’est vous qui voulez complimenter votre patron, soyez plus malin que les lèche-bottes. Plutôt que de le dire directement, complimentez le patron devant un collègue. Les rumeurs apporteront ce compliment à ses oreilles.

Suivez la vie de vos contacts. Votre patron vous a un jour dit que ses nouveaux souliers le faisaient souffrir? Notez-le quelque part s’il le faut, à l’endos d’une carte d’affaires par exemple, assurez-vous seulement de mentionner l’information à nouveau longtemps plus tard. S’est-il acheté d’autres chaussures, finalement? Les plus futés prendront aussi en note les noms du conjoint et de tous les enfant de chacun de leurs contacts (Jacques Chirac, lui, demandait même des nouvelles du chien, en nommant correctement l’animal!)

Au téléphone

C’est bien beau tous ces trucs pour booster votre charisme, mais comment s’en sortir au téléphone?

Puisque le langage corporel sera invisible, vos émotions, votre enthousiasme doit paraître dans votre ton de voix. Exagérez d’au moins 30% votre expressivité. Et pour réussir à paraître chaleureux, martelez le nom de celui à l’autre bout du fil, à la fin de chaque phrase : « Merci encore Samuel » « Je suis bien d’accord, Sonia » etc…

Si quelqu’un vous appelle, le truc ultime est de d’abord répondre d’une manière neutre. Du moment que l’autre se présente, dit son nom, là vous souriez. Que ce sourire paraisse dans votre ton de voix. Son appel est une bonne surprise. Que votre voix transmette le message ‘Oh wow, c’est vous!’

Quand vous avez du mal à rejoindre quelqu’un, que vous tombez toujours sur son épouse ou sa secrétaire, rappelez-vous que ces femmes ont un nom, et ont un temps précieux.
Soyez courtois, remerciez-les, prononcez leur nom. Bâtissez une relation. Et si vous êtes particulièrement pressé, ça peut aider de faire semblant d’être un vieil ami de la cible.
« Bonjour, c’est PseudoMcNom… Il est là? » Ce il fait croire à la secrétaire que vous êtes très proche de son patron. Dans tous les cas, votre respect de l’emploi du temps de l’autre doit être évident d’entrée de jeu. Commencez chaque appel par un « Bonjour, est-ce que j’appelle à un bon moment? » Et s’il y a beaucoup de bruit à l’autre bout de la ligne, que son chien jappe ou qu’un téléphone sonne, soyez aimable: « Oh j’entend du bruit, avez-vous à vous occuper de ça/à répondre? Je peux rappeler… »

Pour ce qui est des boîtes vocales, changez le message chaque jour. Avec un message qui mentionne la date, votre emploi du temps et les moments de la journée où vous pourriez être absent. Si au contraire c’est vous qui laissez un message à quelqu’un, faites ça court. Personnalisé et enjoué. Voyez ça comme une audition de 10 secondes. ET SURTOUT: une fin mystérieuse. « J’ai une réponse pour cette question que tu me posais la semaine passée » « J’ai de grandes nouvelles pour le projet dont on parlait. » Cialdini ajouterait : que votre message lui promettre d’empêcher des pertes, plutôt que des gains imprévus. Du genre « J’ai une offre qui t’empêcherait de perdre des centaines de $ en bénéfices, si tu me rappelles avant ce soir! »

Enfin, le truc ultime des pros: avoir une machine qui enregistre tous vos appels, pour réécouter les informations précieuses. Ça sert à impressionner les gens importants qui n’ont pas de temps à perdre. Si quelqu’un vous dit son adresse, vous dit « Voulez-vous que je répète? », vous pourrez toujours répondre « Non merci, j’ai bien compris l’adresse ». Sur le coup vous paraissez attentif et professionnel.

 

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