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Milton Erickson, le maître de l’hypnose

J’avais déjà dit à quel point je voyais du potentiel dans l’hypnose éricksonienne. Ce n’est pas une école de pensée rigide, ce n’est pas un dogme, ce n’est pas fait pour la scène, ou pour épater la gallerie : on hypnotise tranquillement, par la conversation. On travaille avec la personne qui est devant nous. On lui propose des solutions, et on la transforme. Il me reste encore à fouiller le plus possible cette technique. En attendant, j’ai trouvé cette vidéo de l’élève favori de Milton Erickson, qui nous donne quelques pistes:

  • Les gens passent par des états d’esprit (state). L’apathie est un état d’esprit. L’excellence aussi. La motivation aussi. Aucun de ces exemples n’est une émotion.
  • C’est inefficace de chercher un processus conscient pour faire passer quelqu’un d’un état d’esprit à un autre. Mieux vaut changer le contexte. Sa vision des choses. Comment? L’hypnose est la « technologie » pour changer les états d’esprit.
  • L’hypnose est le pont qui nous fait passer du domaine des problèmes vers le domaine des solutions
  • L’hypnotiseur ne dit rien directement. Il raconte une histoire. Il peint un tableau, dresse un portrait. Cet élève d’Erickson lui a demandé de l’aide pour devenir un bon expert en cour de justice. Erickson lui a raconté comment il a un jour humilié une procureure qui avait remis en doute son expertise avec un jeu de mot sur le nom de cette femme. Erickson et l’étudiant ont rigolé à s’en tapper les cuisses. Donc Erickson a préféré dédramatiser la situation par le rire, plutôt que de lui dire quoi faire…
  • Les artistes ne dirigent pas vos pensées. Ils créent des images. Le lecteur, ou le public réagit à ces images.
  • Erickson créait une thérapie pour chaque client.
  • Pour plus d’impact, utilisez plus d’images.
  • Erickson utilisait ce qui existait déjà. Un schizophrène dans un asile croyait être Jésus. Erickson lui a demandé s’il connaissait le travail du bois. L’autre, pour rester dans le personnage, a répondu oui. Erickson l’a donc convaincu à aider en travaillant le bois à l’atelier de cet asile.
  • Le mimétisme social et le priming sont d’une importance capitale. Les gens ont tendance à réagir sans savoir quels signaux ont dirigé leurs réactions ou leurs comportements.
  • L’hypnose n’est pas une entité, n’est pas une chose en soi. Comme la dépression. C’est un amas de phénomènes, qu’un expert, par convenance, désigne sous un seul nom pour les grouper.
  • Cet hypnotiseur dans la vidéo donne un exemple de transe. Il se met à « agir en poète ». Pas de suite logique dans ses phrases. Pas d’enseignements. Il évoque de belles images calmantes, en ajustant son débit de parole au rythme des respirations du public.
  • L’hypnotiseur transporte les gens. Il vous montre des experiences. Il fait apparaître des images réalistes, vivantes, dans votre tête.
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Deux maîtres de la persuasion – Scott Adams, invité du Art of Charm Podcast

Scott Adams, dont j’ai souvent parlé, était l’invité du Podcast du site Art of Charm

Et l’animateur qui menait l’entretien était aussi un grand connaisseur de l’art de la persusasion! L’épisode entier vaut le détour pour ceux qui connaissent l’anglais.

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Quelques trucs à retenir de leur conversation sur l’hypnose, la persuasion et la victoire de Donald Trump:

  • L’hypnotiseur sait reconnaître la culpabilité. Un coupable ne dément pas les accusations, spontanément il veut blâmer la source. Si vous demandez « Êtes-vous le meurtrier? », un meurtrier répond « Mais qui t’as fait croire ça?? », l’innocent répond « Mais de quoi tu parles? ».
  • Si vous demandez à un suspect de meurtre quelle devrait être la punition du meurtrier, attendez-vous à ce qu’il se montre bizarrement clément et compréhensif!
  • Les investigateurs ou espions ont un truc quand ils se sentent surveillés. Ils se forcent pour avoir des baîllement naturels. Qui dans les environs baîllent eux-aussi, immédiatement, et à chaque fois?
  • Deux rivaux tentent de convaincre un public. Qui gagne? Celui qui est le plus visuel. Les Républicains aux États-Unis restaient abstraits sur l’immigration : « il faut plus de mesures, il faut engager plus d’agents aux frontières ». La candidature a été gagnée par Trump, qui était plus visuel : « je vais bâtir un beau grand mur, avec une grosse porte au millieu ». Remarquez qu’il nous faisait penser à la muraille de Chine, toute en restant assez vague sur les détails pour que chacun visualise son propre mur idéal dans sa tête.
  • La méthode de l’outsider Trump : pacing and leading. Il imitait le public qu’il devait convaincre (pacing) : les électeurs républicains. Ils ont peur de l’immigration? Trump disait avoir encore plus peur qu’eux des immigrés. Ils haïssent l’avortement? Il disait s’y opposer lui aussi (même s’il s’en fout complètement). Du moment qu’ils croient qu’il est l’un des leurs, il peut leur dire qu’il fera un bon leader (leading).
  • Les hypnotiseurs finissent par pratiquer le pacing inconsciemment. Ils adoptent le langage corporel, les manières, le débit de parole et l’accent de tous leurs interlocuteurs, sans vraiment s’en rendre compte. Ça attire la sympathie. , Et la cible ne se rend pas compte qu’elle est imitée! Attention cependant, c’est très flagrant pour les observateurs autour! Ils pourraient croire que vous vous moquez méchamment de votre interlocuteur…

 

L’hypnose instantanée – Anthony Jacquin

Oui, vous pouvez hypnotiser un parfait inconnu en quelques secondes, grâce au manuel Reality is Plastic! d’Anthony Jacquin

C’est l’« hypnose impromptue ». Non seulement elle ne prend que quelques secondes, ou un peu moins d’une minute, mais ça marche. Tellement que plus personne n’acceptait de serrer la main du célèbre thérapeute Milton Erickson, puisqu’il les mettait en transe en quelques mots.

L’hypnose

L’hypnose rend la cible indifférente à tout sauf l’idée du moment, sur laquelle elle se concentre. C’est UNE pensée qui prend toute la place, la « pensée sélective », ce en quoi on croit sans réserve en ce moment, comme : « mes mains sont collées l’une à l’autre comme des aimants… » Lire la suite